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Samuel FULER - VIOLENCES A PARK ROW (PARK ROW)
RESUME
En 1886, à Park Row, le bastion de la presse new-yorkaise. Phineas Mitchell fonde le "Globe", un journal indépendant qui poursuit la tradition inaugurée par Benjamin Franklin, mais doit livrer une guerre acharnée à la propriétaire du "Star".
Au début du siècle, Phineas Mitchell, rédacteur au "Star", dénonce ce qu'il considère comme un abus de la presse : en faisant de la publicité à Steve Brodie qui a décidé de tenter un plongeon casse-cou du haut du pont de Brooklyn, il estime que le journal le condamne à mort. À la suite d'une violente altercation, Charity Hackett, la directrice, le renvoie. Après avoir trouvé un commanditaire providentiel, Mitchell fonde avec quelques amis un journal concurrent, "The Globe", et lance une campagne de souscription pour l'édification du socle de la Statue de la Liberté, don de la France à l'Amérique. À l'insu de sa directrice, certains employés du "Star" décident d'agir contre le journal de Mitchell qui leur retire sans cesse des lecteurs, et entreprennent des actions de sabotage. Ils réussissent ainsi à détruire la linotype de Mergenthaler qui a révolutionné la fabrication du journal. Mais Mitchell et ses amis tiennent bon. "Le Globe" subsiste et se développe, multipliant ses points de vente dans la ville. Il finira par fusionner avec le "Star" et Mitchell épousera Charity Hackett pour concrétiser cette union.
FICHE TECHNIQUE
Réalisation, scénario et production : Samuel FULLER (1952)
Directeur de la photographie : Jack RUSSELL
Musique : Paul DUNLAP
Décors : Tbeobald HOLSOPPLE, Ray ROBINSON
Distribution : United Artists
Durée : 83 minutes
DISTRIBUTION
Gene EVANS (Phineas Mitchell)
Mary WELCH (Charity Hackett)
Bela KOVACS (Ottmar Mergenthaler)
Herbert HEYES (Josiah Davenport)
Tina ROME (Jenny O'Rourke)
George O'HANLON (Steve Brodie)
J-M KERRIGAN (Dan O'Rourke)
Forrest TAYLOR (Charles A Leach)
DON ORLANDO (Mr Angelo)
Neyle MORROW (Thomas Guest)
Stuart RANDALL (Mr Spiro)
Dick ELLIOTT (Jeff Hudson)
Dee POLLOCK (Rusty)
Hal K DAWSON (Mr Wiley)
AUTOUR DU FILM
- Selon le témoignage de Samnel Fuller, PARK ROW développait "une histoire selon son cœur". " Mon film préféré, mais aussi le plus grand "bide" de tous les temps, déclarait-il ("Fuller" par Nicholas Garnham; Secker and Walburg; 1971). J'aimais tellement ce projet que je l'ai financé entièrement moi-même. À cette époque, j'avais un peu d'argent à la banque, exactement 201 000 dollars. J'ai laissé 1 000 dollars pour mes cigares, le cognac et la vodka, et j'ai mis le reste dans le film". Fuller débuta sa carrière en 1924, à l'âge de douze ans, comme garçon à tout faire au "New York Journal" de Joseph Pulitzer, avant de devenir reporter criminel en 1928 au "San Diego Sun".
- Avec PARK ROW, son ambition avait été de résumer l'une des étapes essentielles de l'histoire de la presse américaine : la révolution apportée par l'invention de l'étal, l'apparition des éditions quotidiennes multiples. Le personnage de Phineas Mitchen est la personnification idéale de quelques-uns des grands rédacteurs du début du siècle (à titre indicatif, c'est Joseph Pulitzer qui organisa la campagne de souscription pour le socle de la Statue de la Liberté). Outre que le "Globe" est le nom d'un journal qui apparaît dans un plan des BAS-FONDS NEWYORKAIS, Fuller en a fait dès 1957, le nom de sa maison de production.
- Martin Scorcese sur le film : "J'ai projeté une copie 35mm de Violence à Park Row à toute l'équipe de Gangs of New York à Rome. Ça m'a requinqué, galvanisé […]. Voilà un film unique, fulgurant. Le budget est minuscule, mais Fuller réussit avec sa caméra à suggérer tout un univers. Ce devint une inspiration quand Miramax commença à nous retirer nos figurants et notre équipement. Hé bien, si c'est comme ça, on fera comme Fuller, on tournera avec trois pékins dans un mouchoir de poche !" M.S. cité dans M. S., entretiens avec M. H. W., Éditions du Centre Pompidou/ Cahiers du cinéma, 2005