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JEAN-PIERRE MELVILLE - Articles

L'oeuvre de Melville décryptée par Rui Nogueira
Ouest France - dimanche 24 janvier 2010

Passionné de cinéma, Rui Nogueira présente une grande partie des films proposés dans le cadre de la rétrospective Melville.
Sébastien Aubinaud

Ce fou de cinéma a publié un livre d'entretiens avec le réalisateur. Il parle de l'homme, « séducteur et chaleureux » et de ses 13 longs métrages, tous projetés pendant le festival Premiers plans.
Témoignage

« Nous avions beaucoup de points communs avec Melville : il aimait les femmes et le cinéma », sourit Rui Nogueira. Ce Portugais élevé au Mozambique n'a jamais appris à nager : « Entre chez moi et la mer, il y avait deux cinémas », justifie-t-il.

Sa connaissance encyclopédique du cinéma lui ouvre les portes du 7e art, quand il arrive à Paris, en 1961. Tour à tour assistant réalisateur et journaliste ¯ avant de prendre la direction du centre cinématographique de Genève, Rui Nogueira est devenu une référence dans le monde du cinéma. Le livre qu'il a consacré à Melville y est indéniablement pour quelque chose.

« Je l'ai rencontré pour la première fois fin 68. Nos entretiens ont duré un an ; on parlait d'un de ses films par mois (N.D.L.R. : lire plus bas). C'était un grand séducteur. Il avait une voix chaude, sensuelle. Il était très mystérieux et d'une grande générosité. Il était capable d'être très chaleureux ou totalement détestable, quand il le voulait », se souvient Rui Nogueira. Les deux hommes ont vite trouvé un terrain d'entente autour du cinéma américain qu'ils vénéraient, et du respect de la vie privée. « Melville ne parlait jamais de lui, et moi, je m'intéressais surtout à sa technique cinématographique. »

« Le Doulos ? Chapeau ! »

En expert, et en passionné, Rui Nogueira qualifie les treize longs métrages tournés par Jean-Pierre Melville. Le Silence de la mer (1949) : « La naissance d'un cinéaste et d'une autre écriture cinématographique. » Les enfants terribles (1950) : « La rencontre entre deux grands auteurs, Cocteau et Melville. » Quand tu liras cette lettre (1953) : « A revoir et à réévaluer. » Bob le flambeur (1955) : « Je me pose toujours la question : qu'est devenue Isabelle Corey, l'actrice principale de ce film ? » Deux hommes dans Manhattan (1959) : « Sa première rencontre cinématographique avec l'Amérique. » Léon Morin, prêtre (1961) : « Un prêtre catholique vu par un cinéaste juif. » Le Doulos (1962) : « Chapeau ! » L'aîné des Ferchaux (1963) : « Vieillir, c'est un naufrage ! » Le deuxième souffle (1966) : « Une leçon de cinéma, à tous les niveaux. C'est le film que je recommande à ceux qui ne connaissent pas encore l'univers de Melville. » Le Samouraï (1967) : « La solitude du tigre. » L'armée des ombres (1969) : « Un chef-d'oeuvre. Le plus beau film qu'il ait fait. » Le Cercle rouge (1970) : « Un succès mérité. » Un flic (1972) : « La première partie du film est la plus belle de sa filmographie. »

Jean-Pierre Melville, le cinéaste de toutes les ambiguïtés et de toutes les énigmes
LE MONDE | 26.01.10 | Jacques Mendelbaum

Difficile de marcher ces jours-ci dans les rues d'Angers sans tomber sur une affiche à fond rouge sur laquelle se détache un Alain Delon impavide, chapeau sur la tête, pétard fumant à la main. Cette image est extraite du Samouraï, film culte de Jean-Pierre Melville (1917-1973), auquel le justement populaire Festival premiers plans dédie, jusqu'au 31 janvier, un hommage bien senti. L'intégralité de l'oeuvre, ainsi que des documents rares sur le cinéaste, sont projetés en présence de nombreux invités, dont Alain Delon. Mais ce dernier a déclaré forfait à la dernière minute.
Reste Melville, maître inégalé du film noir français, cinéphile impénitent, créateur rigoureux et misanthrope militant, fâché avec à peu près la terre entière, à commencer par ses acteurs. Rui Noguera, auteur du seul livre d'entretien avec le cinéaste (Le cinéma selon Melville, Ed. Seghers, 1973) rappelle : "Il m'a dit un jour, et ce n'était qu'à moitié de l'humour : mon coco, si vous ne vous faites pas un ennemi par jour, il faut abandonner ce métier."
Séducteur et ombrageux, généreux et tyrannique, objet de témoignages haineux et amoureux, l'homme en Stetson, trench-coat et lunettes de soleil, reste une énigme. Hantée par le polar américain, son oeuvre est devenue d'inspiration pour de nombreux cinéastes dans le monde. Elle tient en quatorze films (un court, treize longs), entre 1947 et 1972.
A de rares exceptions, elle n'a pas pris une ride. C'est une leçon de cinéma, un art cinglant de l'épure, de la tension tragique. Un univers d'amitié virile, marqué au fer rouge de la solitude et de la trahison, une épreuve crépusculaire et mélancolique où la mort est toujours au rendez-vous. Le héros melvillien est un homme anachronique qui accomplit son destin dans un monde qu'il a déjà quitté de son vivant.

Le pseudonyme restera
Le noir, comme genre et comme conception du monde, domine : Bob le flambeur (1955), Le Doulos (1962), Le Deuxième Souffle (1966), Le Samouraï (1967), Le Cercle rouge (1970), Un flic (1972). Mais l'expérience fondatrice, au plan existentiel et éthique, reste la seconde guerre mondiale, à laquelle Melville a participé, dans la Résistance puis les Forces françaises libres. Né Jean-Pierre Grumbach, c'est alors qu'il adopte son pseudonyme, en hommage au romancier américain Herman Melville.
Le pseudonyme restera, la guerre aussi, d'une certaine façon. Dans son esprit, voire dans sa lettre, qui donne lieu à deux autres chefs-d'oeuvre : Le Silence de la mer (1947) et L'Armée des ombres (1969). On pourrait croire que l'univers melvillien se conforme à une salubrité morale. Au contraire, l'ambiguïté y est le maître mot.
Dans les motifs des films, qui montrent la proximité des truands et des flics, voire des résistants et des occupants. Dans leur style, où la référence fétichiste au film noir américain (Quand la ville dort de John Huston, Le Coup de l'escalier de Robert Wise) est subvertie par une abstraction antonionienne et un enracinement culturel typiquement français.
La vie de Melville, un insomniaque et provocateur, amateur de clair-obscur, n'échappe pas à cette ambivalence. Comme l'avoue Rémy Grumbach, réalisateur de télévision réputé et neveu de Melville, qui fut longtemps son modèle, "Jean-Pierre était un homme paradoxal. D'une certaine façon il n'a jamais cessé de porter un masque, même dans le cercle privé".
La liberté de ses premières oeuvres, tournées sans vedette et au mépris des règles, en fait un mentor de la Nouvelle Vague. Il tournera rapidement le dos à ses jeunes émules en réalisant ses films avec les stars du moment (Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, Yves Montand, Alain Delon, Catherine Deneuve...), tout en affichant son gaullisme et en devenant membre de la commission de censure.
Cet ancien résistant d'origine juive est aussi capable de revendiquer, lors d'un entretien télévisé avec le critique François Chalais, "les rapports fraternels" qu'il entretient avec d'anciens SS. La scène est citée dans le film très instructif réalisé en 2008 par Olivier Bohler : Sous le nom de Melville. Ces exemples prouvent à quel point Melville était un solitaire qui se démarquait de toute appartenance et brouillait les pistes.
Le cinéaste et critique André S. Labarthe, à qui on doit le remarquable film Jean-Pierre Melville : Portrait en neuf poses (1971), l'a fort bien dit : "Il s'était composé à la ville comme à la scène un personnage sorti tout droit de son amour, infini, du cinéma américain. Cet homme était devenu une citation vivante. il était finalement le meilleur acteur de son propre rôle."


Rémy Grumbach, réalisateur de télévision
"Jean-Pierre (Melville) était un homme qui tenait profondément à la famille"

LEMONDE.FR | 26.01.10 |

Qui se cachait, au juste, derrière l'image que se composait en public Jean-Pierre Melville ?

C'était un homme paradoxal. D'une certaine façon, il n'a jamais cessé de porter un masque, y compris dans le cercle privé. Mais je crois que ce qu'on soupçonnait le moins, c'est que Jean-Pierre était un homme qui tenait profondément à la famille. Il avait pour son frère Jacques, mon père, une réelle admiration et a été très influencé par lui.

Mon père était, avant la seconde guerre mondiale, journaliste, militant socialiste, proche collaborateur de Léon Blum. Pour se distinguer de lui, sans doute, Jean-Pierre était, déjà à cette époque, engagé à droite. Mais ils sont tous les deux entrés dans la Résistance, et mon père a été tué en traversant clandestinement les Pyrénées, par un passeur espagnol qui l'a dépouillé de l'argent qu'il amenait à Londres. A la Libération, Jean-Pierre aimait à réunir la famille, et pour le petit garçon que j'étais, il a joué un rôle de modèle. C'était aussi, objectivement, un héros.

Quel est votre souvenir le plus marquant avec lui ?

Il y en a beaucoup, mais celui qui m'a le plus marqué renvoie à l'anniversaire du centenaire de Léon Blum. Jean-Pierre m'a dit alors que mon père m'aurait sûrement emmené sur sa tombe pour lui rendre hommage, et c'est pourquoi, lui qui n'avait jamais été un homme de gauche, m'y a emmené à sa place.

Votre vocation pour la réalisation vient de lui ?

Oui, je voulais même faire du cinéma. Ça me paraissait évident, mais en même temps très compliqué, justement à cause de lui. Mais il a tout fait pour m'en empêcher, en accord avec ma mère, pour laquelle ce n'était pas un métier honorable. Ce qui ne l'empêchait pas de m'emmener, à Marseille où j'habitais alors, dans des bistrots de truands - il en connaissait beaucoup - dont je revenais ravi, en disant à ma mère que j'y avais rencontré des types formidables. Jusqu'au jour où l'un d'entre eux, qui s'appelait Cuvelier, s'est fait assassiner. Ma mère, après, a mis à terme à ces escapades. J'ai finalement fait des études de médecine, mais j'ai vite abandonné.

Quelles relations avec-vous entretenues avec lui, qui avait pour réputation de se fâcher avec tout le monde ?

Il a toujours été adorable avec moi. Malgré le fait qu'il n'avait rien fait pour m'encourager à cette carrière, il m'a pris comme assistant sur Le Deuxième Souffle, à l'époque où j'avais abandonné mes études et où je vivais d'expédients. Ça a duré trois semaines et j'ai trouvé une place à la télévision.
Ça m'a quand même permis d'assister à des scènes homériques, parce que la réalisation du film était complètement enlisée à cause de son premier producteur, Fernand Lumbroso, qui ne payait pas. J'ai vu mon oncle l'inviter chez lui, le complimenter courtoisement pour sa tenue vestimentaire, puis lui dire que sa tête en revanche ne lui revenait pas et l'assommer d'un coup de poing dans la tempe.
Melville était un homme d'une intelligence, d'une tenue et d'une séduction exceptionnelles, mais il était aussi très costaud et ne reculait jamais devant l'affrontement.
Propos recueillis par Jacques Mandelbaum


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Dernière modification le : 26/01/2010 @ 22:38
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