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ERIC ROHMER

À l’école des "Cahiers du cinéma"

Né Jean-Marie Maurice Schérer en 1920, à Tulle, ce Corrézien devient professeur de lettres à 20 ans et embrasse d’abord une carrière littéraire en publiant, en 1946, "Élisabeth", un roman qu’il signe sous le pseudonyme Gilbert Cordier.
Il se tourne très vite vers le cinéma et anime le ciné-club du Quartier latin dans les années 1950. Le jeune cinéphile fonde "La Gazette du cinéma" et rencontre ses futurs compères de la Nouvelle Vague, Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, François Truffaut et Claude Chabrol. Tour à tour, cette jeune bande de provocateurs écrit ses premières critiques dans la revue "Les Cahiers du cinéma", avant de devenir cinéastes eux-mêmes. Rohmer a été le rédacteur en chef du magazine de 1958 à 1963.

La Nouvelle Vague se propage

L’aîné de la bande est le premier à passer derrière la caméra. Après un premier court-métrage en 1950, "Journal d’un scélérat", Rohmer attend neuf années pour réaliser son moyen-métrage "Le signe du lion". Au début des années 1960, il crée avec Barbet Schroeder une société de production, baptisée Les films du losange, qui produira la majorité de ses films. La même année, il entame sa série de "Contes moraux". Dialogues alambiqués et mises en scène épurées, ces six films aux intrigues sentimentales chères au cinéaste abordent le thème de l’infidélité et de la tentation. D’acteurs connus aux plus novices de la comédie, le public découvre et adopte une pléiade d'artistes talentueux : Jean-Louis Trintignant dans "Ma nuit chez Maud" (1969), ou Jean-Claude Brialy et Fabrice Luchini dans "Le Genou de Claire (1970).

Rohmer, homme de lettres

Passant avec aisance de l'époque médiévale au XIXe siècle, le cinéaste iconoclaste sait filmer les mots. Après "La marquise d’O", tourné en allemand en 1976, Rohmer, qui est germaniste, s’adonne à l’adaptation de "Perceval le Gallois", de Chrétien de Troyes, en 1978. Entouré de Fabrice Luchini et d'Arielle Dombasle, il défend "la langue des anciens", et parle de l’importance du texte.

20 ans de contes et comédies

Avec les années 1980 arrivent les "Comédies et proverbes", une autre série de six longs-métrages, parmi lesquels "La femme de l’aviateur" (1981) avec Marie Rivière et Fabrice Luchini, ou "Le rayon vert" (1986), Lion d’Or au festival de Venise. Avec "Les contes des quatre saisons", le cinéaste explore davantage les thèmes liés aux jeux de l’amour et du hasard.

Les "Drames historiques" des années 2000

Passant de la Révolution française ("L’Anglaise et le Duc", sorti en 2001) à la France des années 1930 (avec "Triple agent", en 2004), Éric Rohmer rencontre un succès international et se constitue un public fidèle.
Sa dernière œuvre cinématographique, "Les amours d’Astrée et de Céladon", sortie en salle en 2007, raconte l’histoire d’une bergère qui s'éprend d’un homme issu de la noblesse. Si Rohmer renoue ici avec les adaptations d’auteur du XVIIe siècle, sa distribution fait une nouvelle fois la part belle aux jeunes talents. À l’affiche : Cécile Cassel ou Jocelyn Quivrin, disparu récemment.

Cinéaste à part - "mélange d’inspiration littéraire et d’inspiration purement cinématographique", comme le qualifie le directeur du festival de Cannes, Thierry Fremeaux – mais cinéaste à succès, Éric Rohmer reste un père spirituel pour de nombreux comédiens et réalisateurs. Il laisse derrière lui des acteurs orphelins... et des films à (re)découvrir.

LIENS

Article sur Eric Rohmer - Cinecub de Caen

FILMOGRAPHIE
24 Long-métrages en 50 ans de carrière

- Le Signe du lion (1959)

Six Contes moraux :

- La Boulangère de Monceau (1962)
- La Carrière de Suzanne (1963)
- La Collectionneuse (1967)
- Ma nuit chez Maud (1969 - Prix Max-Ophuls)
- Le Genou de Claire (1970 - Prix Louis-Delluc)
- L'Amour l'après-midi (1972)

Adaptations littéraires :

- La Marquise d'O (1976)
- Perceval le Gallois (1978, prix Méliès)

Comédies et proverbes :

- La Femme de l'aviateur (1981)
- Le Beau Mariage (1982, prix Louis-Lumière)
- Pauline à la plage (1983)
- Les Nuits de la pleine Lune (1984)
- Le Rayon vert (1986, Lion d'Or à Venise)
- Quatre aventures de Reinette et Mirabelle (1987)
- L'Ami de mon amie (1987)

Contes des quatre saisons :

- Conte de printemps (1990)
- Conte d'hiver (1992)
- Conte d'été (1996)
- Conte d'automne (1998)

Variations rohmériennes :

- L'Arbre, le maire et la médiathèque (1993)
- Les Rendez-vous de Paris (1995)

Drames historiques :

- L'Anglaise et le duc (2001)
- Triple agent (2004)
- Les Amours d'Astrée et de Céladon (2007)

Court-metrages d'Eric Rohmer

1959 - SOUS LE SIGNE DU LION



RESUME

Pierre Wesserlin, compositeur d'origine étrangère, mène à Paris une vie de bohème, passant son temps en beuveries et accumulant les dettes. Un matin de juin, il apprend qu'une riche tante dont il est avec son cousin Christian, le seul héritier, vient de décéder. Afin de célébrer dignement l'événement il emprunte de l'argent à son ami Jean-François, journaliste à "ParisMatch ", et organise une grande fête avec tous ses amis. Il se moque de son horoscope qui lui prédit jusqu'à la fin de l'été, une période difficile (suivie, il est vrai, de beaucoup de chance). Aussitôt après, Jean-François part en reportage.
A son retour, il apprend que Pierre a été déshérité. Il a changé de domicile et l'on a perdu sa trace. Jean-François se lance à sa recherche, mais il est obligé de repartir pour l'étranger. Pendant ce temps, la situation se dégrade pour Pierre. Les amis qui pourraient l'aider sont en vacances. La patronne de son hôtel le jette à la rue en gardant ses bagages. Affamé, sans logis, il dort à la belle étoile et tente maladroitement de dérober de la nourriture.
Un clochard pittoresque, apitoyé par sa détresse, le prend sous sa protection et lui apprend à faire la manche. A son retour d'Afrique, Jean-François tente à nouveau de contacter son ami. A sa dernière adresse, il récupère son courrier et apprend que le cousin Christian s'étant tué en voiture, Pierre est désormais le seul héritier de la fortune de sa tante. Mais comme le musicien, honteux de sa déchéance, évite les quartiers où il pourrait rencontrer ses anciens amis, il demeure introuvable. Un soir cependant le clochard l'emmène jouer de la musique aux terrasses de Saint-Germain-des-Prés. C'est là que Jean-François le retrouve et lui apprend la bonne nouvelle. L'horoscope, finalement, ne s'était pas trompé.

Réalisation et scénario de Éric ROHMER
Dialogues de Paul GÉGAUFF
Directeur de la photographie Nicolas HAYER
Musique de Louis SAGUER
Sortie le 03 mai 1962

AVEC :
Jess Hahn (Pierre Wesselrin), Michèle Girardon (Dominique Laurent), Van Doude (Jean-François Santeuil), Paul Bisciglia (Willy), Gilbert Edard (Michel Caron), Christian Alers (Philippe), Paul Crauchet (Fred), Jill Olivier (Cathy), Sophie Perrault (Chris), Stéphane Audran (la patronne de l'hôtel), Jean Le Poulain (le clochard), Jean-Luc Godard (un invité de la fête), Macha Méril, Françoise PRÉVOST, Marie Dubois, Véra Valmont, Malka RIBOWSKA

AVIS

Pour son premier film, Eric Rohmer fait un film très dans l'esprit de la Nouvelle Vague mais sans la grâce d' "A bout de souffle" ni des "Quatre cent coups" qui lui sont contemporains. L'intrigue est assez mince, porté par un formidable Jess Hahn, qui réussit dans ses lentes démabulations dans Paris et sa clochadisation progressive a être attachant. Le film est loin de l'univers futur de Rohmer avec des personnages issus de la petite bourgeoisie discutant délicieusement de leurs tourments sentimantaux, point ici non plus de jolies jeunes filles en fleur. Paris est bien montré avec de longs plans en voiture, en fête ou en terrasse de café dans le quartier de Saint germain des prés surtout et sur les Quais, ce qui constitue presque un documentaire sur le Paris de cette époque. Par moment, le rythme est un peu lent et les scènes un peu répétitives, il faut prendre ce film comme un premier essai non abouti, très influencé par la nouvelle vague et ses méthodes de tournage en extérieur.
A noter l'apparition de Jean-Luc Godard dans le film comme un invité de la soirée de deuil fêtarde. Lunette noire, costume, parlant à personne et se contentant de mettre encore et encore le même morceau d'un disque de musique classique. De même on retouvera très fugitivement Macha Méril (une blonde croisée lors du 14 Juillet) et Marie Dubois (attablée à un café).

Autres critiques

"Tourné en sept semaines, le premier long métrage d'Eric Rohmer se présente aujourd'hui comme un document sur le Paris de cet été 1959 : Saint-Germain-des-Prés et le bal du 14 Juillet, le marché de la rue de Buci, les abords du pont de Neuilly avant la grande fièvre urbanistique. Les femmes portent des robes courtes gonflées par des jupons et sont chaussées de ballerines. La boîte de sardines coûte 70 F anciens. Rohmer regarde vivre le bohème seul et sans argent dans ce Paris estival. Il montre la déchéance d'un homme qui passe à l'état de clochard, parce que les structures de son univers social lui font soudain défaut. C'est un constat d'entomologiste, remarquable par la précision, le regard froid de l'auteur. On trouve, diffus dans le récit mais évident dans la dernière séquence, ce goût du jeu intellectuel qui a fait de lui le plus littéraire de nos cinéastes."
Jacques Siclier - Télérama


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1962 - LA BOULANGERE DE MONCEAU

Au printemps, dans le quartier du parc Monceau, le narrateur (Barbet Schroeder), un étudiant en droit, prépare ses examens tout en fréquentant les cafés du quartier avec son camarade Schmidt (Fred Junk). Il croise fréquemment une jeune femme élégante et blonde, Sylvie (Michèle Girardon), qui lui plaît et à qui, pense-t-il non sans raison, il n'est pas indifférent. Il n'ose cependant pas l'aborder, malgré les encouragements réitérés de son ami. Un jour pourtant, ayant heurté la jeune femme par hasard, il engage la conversation et croit dès lors la rencontre bien engagée. Mais c'est alors que Sylvie demeure mystérieusement invisible. Pour la retrouver, le jeune homme utilise tout son temps libre à sillonner le quartier, et en particulier le marché de la rue de Lévis. Il prend l'habitude de fréquenter une modeste boulangerie de la rue Lebouteux où il achète les sablés dont il se nourrit, tout en arpentant les rues avoisinantes. Il ne tarde pas à remarquer que la vendeuse, une jolie brune (Jacqueline : Claudine Soubrier) lui témoigne de l'intérêt. Au fil des achats, une relation de complicité puis de séduction se noue entre eux. Profitant d'un moment de solitude avec la jeune boulangère dans le magasin, le narrateur finit par lui demander de sortir avec lui. La jeune fille hésite d'abord, puis finit par accepter au terme d'un code fixé en nombre de sablés qu'elle lui tendra (un seul pour "non", deux pour "oui"). Mais le jour même du rendez-vous, le narrateur rencontre Sylvie dans la rue, la cheville bandée, appuyée sur une canne. L'entorse qu'elle s'était faite le lendemain de leur rencontre explique seule sa disparition prolongée. De sa fenêtre, située en face de la boulangerie, elle a observé, trois semaines durant, les allées et venues du jeune homme, dont, flattée, elle se croit la cause.Celui-ci, loin de la détromper, se désintéresse aussitôt de la boulangère, qui n'était pas de son monde, pour une jeune femme qui lui paraît mieux appariée, et qu'il n'avait jamais cessé d'attendre. La voix du narrateur nous apprend qu'il l'a épousée quelques mois plus tard.

FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Éric Rohmer
Scénario : Éric Rohmer
Photo : Jean-Michel Meurice, Bruno Barbey
Montage : Jacquie Raynal, Éric Rohmer
Production : G. Derocles, Barbet Schroeder
Format : 16 mm
Durée : 26 min (672 m)
Noir et blanc

AVEC :
Barbet Schroeder : le narrateur
Bertrand Tavernier: voix du narrateur
Claudine Soubrier : Jacqueline (la boulangère)
Michèle Girardon : Sylvie (la jeune femme)
Fred Junk : Schmidt (l'ami du narrateur)
Michel Mardore : client boulangerie

ANECDOTES

Ce premier épisode des "Contes moraux" illustre de manière quasi schématique le canevas commun aux cinq films suivants, tel que le définit Éric Rohmer : "Tandis que le narrateur est à la recherche d'une femme, il en rencontre une autre qui accapare son attention jusqu'au moment où il retrouve la première". Dans le cas présent, c'est aussi la veulerie du narrateur, son cynisme et son conformisme social que le déroulement de l'épisode dévoile. Les épisodes suivants : La Carrière de Suzanne,1963, La Collectionneuse, 1967, Ma nuit chez Maud, 1969, Le Genou de Claire, 1970 et L'amour l'après-midi, 1972, reprendront le même sujet avec toujours plus de complexité, à la manière d'un thème et variations.

CRITIQUES

"La Boulangère de Monceau et La Carrière de Suzanne ouvrent la série des " Contes moraux ".
Dans le premier, un jeune homme prend l'habitude d'acheter des sablés dans une boulangerie, et courtise du même coup la vendeuse. Mais il cherche, en réalité, une autre femme, et se ravitailler à la boulangerie lui permet de traîner plus longtemps dans les rues pour la rencontrer. Dans le second court métrage, deux étudiants abusent de la gentillesse d'une jeune fille, Suzanne, qu'ils jugent naïve et moche. Jusqu'au jour où...
Les dragueurs de Rohmer inventent des stratagèmes très réfléchis, mais qui manquent finalement de subtilité : aveuglés par leur cynisme de conquérants, ils se révèlent " plus bêtes que méchants ", comme dit Suzanne. Ces manèges amoureux racontent aussi les préjugés et la morale du début des années 60. Une époque qui revit ici dans son décor authentique : tournés dans la rue, selon l'esprit de la Nouvelle Vague, ces deux courts métrages dessinent aussi une belle géographie de Paris. La Carrière de Suzanne se joue dans le quartier Saint-Michel, et La Boulangère, autour du carrefour Villiers."
Frédéric Strauss - Télérama


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1963 - LA CARRIERE DE SUZANNE

Bertrand, un jeune étudiant en pharmacie, timoré et studieux, a un camarade, Guillaume, qui fait Science Po, et dont il admire l'aisance plutôt vulgaire et le donjuanisme prétendu. Les deux amis abordent Suzanne dans un café. C'est une jeune femme brune, indépendante, qui fait des études d'interprétariat tout en travaillant pour payer ses études. Elle succombe rapidement aux avances cavalières de Guillaume, qui la traite rapidement avec grossièreté et finit par l'éviter complètement, tout en prenant soin de l'humilier chaque fois qu'il la rencontre.
Peut-être dans le but de renouer contact avec Guillaume, elle va trouver Bertrand, lequel est peu désireux de fréquenter cette fille sans intérêt. Il convoite de son côté Sophie, une belle jeune femme qui s'avère cependant inaccessible. Suzanne l'invite à une soirée étudiante. Apprenant cela, Guillaume décide que Suzanne va les entretenir, et pendant quelque temps, celle-ci paie leurs sorties, jusqu'à se ruiner entièrement.
Une partie de l'argent que Bertrand cachait dans les pages d'un livre non coupé, dans sa chambre, est volé. Il accuse Suzanne, qui a passé une nuit dans son appartement - elle n'avait plus d'argent pour prendre un taxi -, mais Sophie accuse plutôt Guillaume, tout aussi suspect, et que l'on a vu fouiner dans les livres...
Bertrand, qui persiste à voir en Guillaume un ami et en Suzanne une pauvre fille, est stupéfait d'apprendre, à la fin de l'année, que Suzanne va épouser un beau garçon, dont les charmes, pensait-il, l'avaient tenu éloigné de Sophie. Il s'avoue alors que Suzanne n'était sans doute pas si anodine.

Réalisation : Éric Rohmer
Scénario : Éric Rohmer
Photo : Daniel Lacambre
Montage : Éric Rohmer
Production : Les Films du Losange
Format : 35 mm, Noir et Blanc
Durée : 52 min (1573 m)

AVEC :
Catherine Sée : Suzanne Hocquetot
Christian Charrière : Guillaume Peuch-Drumond
Philippe Beuzen : Bertrand, le narrateur
Diane Wilkinson : Sophie
Jean-Claude Biette : Jean-Louis
Patrick Bauchau : Franck
Pierre Cottrell : l'amateur d'art
Jean-Louis Comolli

"La subtilité du cinéma d'Eric Rohmer, que ses détracteurs confondent avec la préciosité, éclata dès ses premiers courts métrages. Encore faut-il se donner la peine de la percevoir.
Pour apprécier le charme de La Carrière de Suzanne, deuxième volet de la série des « Contes moraux », il faut prêter ­attention au moindre détail. Ce qui pourrait n'être qu'un agréable badinage estudiantin entre Quartier latin et Bourg-la-Reine atteint vite la même profondeur que le sublime Ma nuit chez Maud. Il n'y est pas encore question de pari pascalien, mais bien de manipulation dostoïevskienne. Celle exercée par Guillaume, dragueur dont la muflerie confine au sadisme, sur son ami Bertrand, dans le but de séduire Suzanne (qu'on aperçoit, au détour d'un plan, lisant Les Possédés). « Si j'avais bon goût, tu ne me plairais pas », balance le don Juan du Boul' Mich' à sa proie.
La séduction passe d'abord par les mots, nous dit déjà le professeur (de français) Rohmer. Il le répète d'ailleurs en latin dans le texte, pile au milieu du film : caché dans la cabine téléphonique d'un bistrot, il dicte à son interlocuteur un passage des Dialogues sur l'art oratoire, de Cicéron."
Jérémie Couston - Télérama

1970 - MA NUIT CHEZ MAUD



Réalisateur : Eric Rohmer
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1 heure 50 minutes

Avec : Jean-Louis Trintignant (Jean-Louis), Françoise Fabian (Maud), Marie-Christine Barrault (Françoise), Antoine Vitez (Vidal), Léonide Kogan (le violoniste de concert), Guy Léger (le prêtre), Anne Dubot (l'amie blonde), Maria Becker (Marie)

Le sujet
Un homme hésite entre deux femmes aux personnalités opposées : l'une se rend à l'église, l'autre est athée, divorcée et mère d'une petite fille.

Jean-Louis, un ingénieur d'une trentaine d'années, fervent catholique, s'installe à Clermont-Ferrand après un long séjour à l'étranger. Dans une église, il remarque Françoise, une jeune fille blonde, et décide dès lors qu'elle sera sa femme. Peu après, il rencontre un ami d'enfance, Vidal, qui l'emmène dîner chez Maud, une jeune femme athée, divorcée et mère d'une petite fille. Jean-Louis se sent irrésistiblement attiré par cette femme si différente de lui...

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CRITIQUES

"Un des chefs-d'œuvre 70 de Rohmer. Vitez y disserte de Pascal au cours d'un dîner mémorable."
Bernard Achour - Téléobs

"Troisième volet des Six Contes moraux, Ma nuit chez Maud est un grand Rohmer, une subtile comédie de caractères qui joue de l'opposition entre l'ascétisme de Jean-Louis et la légèreté contagieuse de la sensuelle Maud. Le cinéaste s'amuse malicieusement du " dégel " progressif de son héros qui, bousculé dans ses convictions, consent finalement à passer la nuit chez Maud. Situé en plein hiver et filmé en longs plans-séquences, dans un noir et blanc très sobre, Ma nuit chez Maud semblera empreint de gravité au public familier des derniers films de Rohmer. Pourtant, le cinéaste n'a cessé, dans les récents Contes des quatre saisons, de traquer de la même manière la vérité du sentiment, de montrer l'hypocrisie que peut camoufler la vertu, de révéler la pudeur parfois masquée par le libertinage."
Franck Garbarz - Télérama

"Chez Maud, la nuit se passe d’abord à disserter. Dehors, il neige sur Clermont-Ferrand. C’est l’hiver 1968, elle se vante de se coucher nue sous un couvre-lit en fourrure, les types qu’elle reçoit et qui parlent philosophie portent costume strict et cravate.
Mais dans cet étrange et érotique assemblage résonnent moins la liberté des sens acquise au printemps d’avant, qui gagnerait lentement la province, que des réminiscences plus anciennes : un Déjeuner sur l’herbe en intérieur, ou encore Merteuil accueillant Valmont frappé de jésuitisme… Dans Ma nuit chez Maud, d’Eric Rohmer, il est beaucoup question du pari de Pascal et de son gain infini (le salut éternel). En cette nuit où Jean-Louis Trintignant, délicieusement entêté, et Françoise Fabian, adorablement perverse, restent seuls, entortillés dans les couvertures, sans se toucher, le pari s’applique davantage à la stratégie amoureuse : Jean-Louis (c’est le prénom du personnage) risque fort de perdre beaucoup avec la brune Maud, et n’a que peu de chances de tout gagner avec la demoiselle blonde guettée chaque dimanche à la messe. Sa nuit chez Maud est celle de la tentation et du choix, de l’enivrant renoncement, de l’orgueilleuse sublimation. Parler, c’est mieux que coucher ?"
Télérama

arkepix.com/kinok/DVD/ROHMER_Eric/dvd_maud.html

Critique sur www.cineastes.net


1972 - L'AMOUR L'APRES-MIDI



Réalisateur : Eric Rohmer
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1 heure 30 minutes
Image : Nestor Almendros
Musique : Arié Dzierlatka

Avec Bernard Verley (Frédéric), Zouzou (Chloé), Françoise Verley (Hélène), Daniel Ceccaldi (Gérard), Malvina Penne (Fabienne), Babette Ferrier (Martine), Tina Michelino (le passager), Jean-Louis Livi (le collègue), Pierre Nunzi (le vendeur), Irène Skobline (la vendeuse).

Un cadre mène une vie bien réglée entre son épouse et son travail, jusqu'au jour où une amie lui demande de l'aide et lui annonce qu'elle est amoureuse de lui. Dans ce conte moral, Eric Rohmer peint avec précision la vie aseptisée et hypocrite des cadres

Frédéric, la trentaine séduisante, est un jeune cadre dynamique. Il vit auprès de sa femme Hélène un bonheur tranquille, dans un équilibre parfait. Un jour, Chloé, une amie de longue date, fait irruption dans son bureau et lui demande de l'aider. Il l'accueille froidement. La jeune fille, prétextant une recherche de travail, le relance à plusieurs reprises. Peu à peu, Frédéric s'attache à elle et supporte mal son absence. Un jour, elle lui avoue qu'elle l'aime et qu'elle veut un enfant de lui...

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CRITIQUES

Critique sur ann.ledoux.free.fr

Critique sur cineclubdecaen

Critique sur www.cineastes.net


"Un superbe conte de Rohmer. Trop méconnu. Le couple Verley est formidable de justesse."
Bernard Achour - Téléobs

"Comme dans ses précédents contes moraux, Eric Rohmer raconte la rencontre de deux êtres et construit un jeu subtil de cheminements intérieurs, de va-et-vient entre des pulsions avouées ou refoulées, des sentiments exprimés ou masqués, l'envie libératrice de vivre autrement et les entraves sociales d'une morale bourgeoise omniprésente. Il capte, attentif, les hésitations, le désarroi, les petites lâchetés quotidiennes et finalement le remords brutal de Frédéric devant le corps dénudé de Chloé. Mais, derrière l'apparent triomphe de la fidélité, perce la banalité décevante du comportement d'un homme sans consistance, subtilement interprété par Bernard Verley. Face à lui, Zouzou, fragile, provocante, spontanée, laisse éclater une sensibilité à fleur de peau."
Télérama

"Le film fait partie de la série des « Contes moraux » qui contient plusieurs fleurons du cinéma rohmérien (et du cinéma français tout court), à l’instar de Ma nuit chez Maud ou Le Genou de Claire. Comme Claire et Maud, Chloé est un personnage dont les propos sont contredits par les actes. Son allure de femme fatale et ses airs d’intrigante, gros comme une montagne, viennent ainsi démentir son discours de recherche amoureuse. Frédéric est moins une caricature des cadres supérieurs de la fin des Trente glorieuses que le symbole de l’intégrité sentimentale. Son apparente lâcheté n’est qu’un leurre, et la scène de réconciliation finale montre sa nature sincère, dans ce qui est aussi la plus belle séquence de réconciliation au cinéma, avec celle du dénouement de Voyage en Italie de Rossellini. Pourtant, Rohmer est moins moralisateur que moraliste, et l’on appréciera la séquence du rêve de transgression permettant les apparitions, en guest stars, de Françoise Fabian ou Marie-Christine Barrault. Et le parisianisme assumé du cinéaste donne lieu à un joli monologue en voix-off sur les beautés de la foule des grandes villes.
D’où vient alors que L’Amour l’après-midi ne séduit pas pleinement, comparé à d’autres titres des « Contes moraux », « Comédies et proverbes » ou « Contes des quatre saisons » ? La raison principale en est un casting déconcertant. On sait que Rohmer, sans la radicalité de Bresson, privilégie les « modèles » à diction monocorde : Zouzou s’apparente ici aux Béatrice Romand, Marie Rivière et autres Amanda Langlet qui ont fait les délices des aficionados du maître. Pourtant, la complexité de son personnage aurait exigé une interprète plus sensuelle et corrosive, dans la lignée de Fabian, Barrault ou Dombasle. Quant à Bernard Verley, il ne réussit pas à faire oublier la puissance de jeu des Trintignant, Brialy, et autres Luchini qui ont peuplé l’univers du réalisateur. En dépit de cette réserve, il faut revoir ce récit subtil, associé en DVD à un ravissant court-métrage de 1958, Véronique et son cancre."
Gérard Crespo - A voir à lire

1984 - LES NUITS DE LA PLEINE LUNE



Réalisateur : Eric Rohmer
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1 heure 35 minutes

Avec : Pascale Ogier (Louise), Tchéky Karyo (Rémi), Fabrice Luchini (Octave), Virginie Thévenet (Camille), Christian Vadim (Bastien), László Szabó (le peintre du café)

Une femme balance entre sécurité et aventure et tente d'habiter deux maisons pour préserver son couple et sa liberté. Elle se laisse séduire par un autre homme.

Louise, stagiaire dans une agence de décoration, et Rémi, son ami architecte, s'aiment et vivent ensemble dans un appartement moderne de Marne-la-Vallée. Mais Louise tient aussi à son indépendance. Elle sort souvent et rentre très tard alors que Rémi, un sportif, se lève tôt. Aucun d'eux ne doute d'avoir trouvé, avec son partenaire, l'amour parfait. Pourtant, afin d'arranger sa vie comme elle l'entend, Louise a aménagé un studio à Paris. Elle y passe la nuit, de temps à autre, courtisée par Octave, un bavard impénitent qui l'amuse mais ne la séduit pas. Lors d'une soirée, Louise rencontre Bastien, avec qui elle se prend au jeu de la séduction...

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CRITIQUES

"Pour certains le chef-d'œuvre d'Eric Rohmer. Même si on ne partage pas totalement cet avis, il est vrai que c'est un film qui ne manque pas de lucidité. Et Pascale Ogier y déploie un charme très singulier."
Jean-Philippe Guérand - Téléobs

"Quatrième épisode de la série rohmérienne " Comédies et proverbes ", ce film est un chant polyphonique pour deux voix, enchanteresses. La première est celle d'une jeune femme pour qui l'ascension des années 80 est une perspective grisante. Hélas disparue juste après la sortie du film, Pascale Ogier tranche avec les héroïnes habituelles d'Eric Rohmer, romantiques et désuètes. Ici, elle devance son époque, fabrique des lampes futuristes, trimballe son fourbi dans un cabas en plastique et marche avec des chaussons d'extraterrestre. Farouchement indépendante, elle a pour mission de délivrer les hommes, en se sauvant elle-même. Ses paroles sont pleines de mots doux, de mots féroces, de mots de secours.
A sa voix diaphane se mêle celle de Fabrice Luchini, à peine sorti de la chrysalide. L'acteur joue un dandy brimé, pauvre confident dont la gent féminine n'attend rien d'autre qu'une amitié respectueuse. Fonctionnelle jusqu'au paroxysme, superbement filmée, la ville sert de caisse de résonance à leurs refrains, qui finissent par s'unir. Ce film continue d'émerveiller par sa justesse prémonitoire et sa beauté fragile."
Marine Landrot - Télérama

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Dernière modification le : 16/05/2010 @ 14:46
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