RESUMECe film est une confession ou, mieux, le récit simple et dépouillé du drame vécu par un enfant de douze ans, un enfant en quête d'un peu de chaleur humaine, d'un peu d'amitié, d'un peu de bonheur, et qui, hélas, ne trouve en ceux que la Providence a placés auprès de lui pour le soutenir, l'aiguiller, l'aider, ses parents, ses éducateurs, qu'indifférence ou incompréhension. Ce n'est pas un réquisitoire, c'est un témoignage et un témoignage bouleversant parce qu'il donne mauvaise conscience à ceux qui le reçoivent et les oblige à s'examiner sur leurs responsabilités. Apparemment, les faits qui se succèdent sont sans grande importance : c'est une punition écopée injustement par Antoine, et que les circonstances l'empêchent de faire le soir à la maison. C'est l'école buissonnière par crainte de se retrouver devant le maître, sans la punition qu'il a exigée ; c'est le mensonge, bientôt découvert. C'est le renvoi pour huit jours. Alors, se sont des jours de vie indépendante et libre, grâce à l'hospitalité d'un ami. puis c'est le besoin d'argent, le vol, le commissariat et le centre d'observation des mineurs délinquants. Entre temps, l'enfant a découvert que sa mère avait une liaison. Tout cela défile devant nos yeux. Rien de forcé : le père de l'enfant n'est pas un mauvais homme, mais il est maladroit et borné. La mère est légère, sotte et égoïste, mais elle n'est pas méchante. Le professeur n'est pas sans coeur. Et l'enfant ne se révolte pas : il est comme écrasé par le destin. Dans ce contexte ténébreux, une lueur d'espoir : l'enfant a un ami qui essaiera, en vain du reste, de lui rendre visite à la maison de redressement. Et l'on sent qu'il suffirait de peu de chose pour qu'Antoine tourne bien, prenne goût à la vie et fasse les redressements nécessaires. Ce peu de chose, Antoine le demande du regard à la foule des spectateurs vers lesquels il se tourne à la fin du film.
© Les fiches du cinéma 2001
FICHE TECHNIQUE1958-France-93'-n&b-Dyaliscope
Réalisateur : François Truffaut
Producteur : François Truffaut
Scénario-dialogues : François Truffaut, Marcel Moussy
Chef-opérateur : Henri Decae assisté d'Alain Levent
Cadreur : Jean Rabier
Musique : Jean Constantin
Décors : Bernard Evein assisté de Raymond Lemoigne
Montage : Marie-Josèphe Yoyotte assistée de Michèle de Possel, Cécile Decugis.
Tournage : 10 novembre 1958 — 5janvier 1959
Son : Jean-Claude Marchetti, Jean Labussière
Photographe : André Dino
Script-girl : Jacqueline Parey
Régisseur : Jean Lavie assisté de Robert Lachenay
Assistant-réalisateur : Philippe de Broca
Directeur de production : Georges Charlot
Production : Les Films du Carrosse - SEDIF
Distribution : Cocinor (1ere sortie) ; AAA
Sortie à Paris : 3 juin 1959.
DISTRIBUTIONJean-Pierre Léaud (Antoine Doinel)
Claire Maurier (sa mère Gilberte Doinel)
Albert Rémy (son beau-père Julien Doinel)
Patrick Auffay (René Bigey)
Georges Flamant (M. Bigey)
Robert Beauvais (le directeur de l'école)
Yvonne Claudie (Mme Bigey)
Pierre Repp (le professeur d'anglais)
Guy Decomble (le professeur Petite Feuille)
Claude Mansard (le juge d'instruction)
Henri Virlogeux (le gardien de nuit)
Richard Kanayan (L'élève hirsute)
Christian Brocard Jacques Monod (Le commissaire)
Marius LaureyLuc Andrieux François Truffaut (non crédité)
Philippe de Broca (non crédité)
Jacques Demy (Policier) (non crédité)
Jean Douchet (L'amoureux) (non crédité)
Daniel Couturier François Nocher Bouchon Jean-Claude Brialy (Un passant)
Jeanne Moreau (la jeune femme au petit chien)
N.B. Le film est dédié à la mémoire d'André Bazin.
AFFICHES

PHOTOS
Sur le tournage des 400 coups
Crédit : Photographie J.P Darlo / DR / Bibliothèque du Film, fonds Cinémathèque française.