RESUMEJacques Cournot, navigateur dans les Caraïbes momentanément sans emploi, se voit offrir l'expertise d'un yacht, le Dragoon,qu'un nommé Hendrix prétend acheter pour le compte d'une société. Mais, l'expertise à peine terminée, le yacht disparaît. Soupçonné par la police, Cournot doit sa liberté à l'intervention de la propriétaire, Mrs Osborne, qui semble en savoir assez long sur le compte de Hendrix. Il accepte de l'aider dans ses recherches. Le yacht est allé s'échouer sur un banc de sables au large de la Jamaïque. Lorsqu'ils montent à bord, ils sont faits prisonniers. Hendrix est bien là, mais également prisonnier d'une bande de trafiquants d'armes dirigée par un nommé Morrison : sa complicité avec eux l'a mené plus loin qu'il n'aurait voulu. Morrison exige l'aide de Cournot pour déhaler le bateau. Sous la menace, le marin accepte ; mais il va d'abord falloir décharger la cargaison sur un îlot pour alléger le navire. Travail épuisant et long. Au soir, il devra dormir sur l'île, tandis que Rae Osborne semble au mieux avec les bandits. Au petit jour, Rae est à son tour débarquée sur l'îlot : feignant de s'enivrer, elle a provoqué les hommes et semé entre eux la zizanie. Elle révèle alors à Cournot que Hendrix est son premier mari, un faible qu'il faut sauver de lui-même. Au jour, profitant d'un moment où Morrison est isolé sur l'îlot, ils désarment Ruiz, complice de Morrison. Celui-ci, riche en munitions, les canarde, puis, la nuit, réussit à monter à bord et menace de faire sauter le bateau. Mais Cournot parvient à le jeter à la mer au moment où, la marée montant, le bateau se déhale. Le cauchemar est fini. Et l'on devine que Rae ne sera pas cruelle pour le vaillant Français.
© Les fiches du cinéma 2001 FICHE TECHNIQUERéalisateur : Claude Sautet
Scénario : Claude Sautet, José Luis Dibildos, Fouli Elia, Michel Lévine
Auteur de l'oeuvre originale Charles Williams
Dialogues : Claude Sautet, Charles Williams
Sociétés de production : Intermondia Films (Paris)
T.C. Productions, Cité-Films (Paris), Agata Films (Madrid), Vides Cinematografica SAS (Rome)
Producteur exécutif : Jean-Paul Guibert
Directeur de production : André Cultet
Directeur de la photographie : Walter Wottitz
Ingénieurs du son : Jean Rieul, Raymond Gauguier
Musique : Eddie Barclay, Michel Colombier
Décorateurs : René Renoux, Adolfo Cofiño
Assistant-réalisateur : Yves Boisset
Monteur : Jacqueline Thiédot
Tournage : Début Automne 1964, Fin Hiver 1964
Lieux de tournage : Espagne (Huelva, Punta Umbria),
France (Cannes, Nice, Alpes-Maritimes)
DISTRIBUTIONLino Ventura (Jacques Cournot)
Sylva Koscina (Rae Osborne)
Alberto de Mendoza (Hendrix)
Leo Gordon (Morrison)
Antonio Martín (Ruiz)
Jean-Claude Bercq (Avery)
Jack Léonard (Keefer)
Ángel del Pozo José Jaspe Ángel Menéndez AUTOUR DU FILMAprès le coup de maître de CLASSE TOUS RISQUES, unanimement salué par la critique comme un grand film noir; les cinéphiles s'étonnèrent de ne pas voir un autre film de Claude Sautet. À cette époque, il était surtout scénariste et adaptateur. “Entreprendre un film comme je le fais, devait-il déclarer dans une interview en 1970, c'est se consacrer toute une année à ce film, sacrifier sa vie privée, et il faut vraiment que ça en vaille la peine. Alors je préférais aider les autres à faire leurs films”.
Jusqu'au jour où “l'angoisse de ne pas tourner a été la plus forte”. Sautet jeta alors son dévolu sur un roman de Charles Williams, “Ont-ils des jambes ?” (“Aground”), dont il avait déjà adapté un ouvrage en 1963 pour Marcel Ophuls (PEAU DE BANANE). Pour certains aspects qui l'intéressaient plus particulièrement : le fait que le héros était passif durant la majeure partie de l'histoire, l'idée d'un bateau “immobile sur la mer”.
La construction du film est celle de l'attente, de l'accumulation de force et de haine, avant une explosion de violence retardée au maximum et qui ne peut manquer de se produire.
CRITIQUESMon avisBon film de genre série B, réalisé à l'américaine,
L'arme à gauche représente un vrai exercice de style pour Claude Sautet, éloigné de l'univers qui sera le sien dès son film suivant
Les choses de la vie. Le tournage a connu des problèmes, fut difficile et sans doute pas un bon souvenir pour Sautet et toute l'équipe, néanmoins le film se laisse gentiment regardé, l'intrigue n'est pas des plus palpitantes (en gros un navigateur aux prises avec des trafiquants d'armes sur un bateau) mais l'essentiel est dans la composition de Lino Ventura, à la présence unique, qui s'il semble passif pendant une bonne partie de l'histoire, sait attendre son heure, aucun de ses gestes ni dialogues n'est inutile, il est fascinant dans son économie de jeu. Pour ce film, la presse et les critiques parleront de lui comme le Humphrey Bogart français, bel hommage. La mise en scène de Sautet est très précise, et sait jouer de chaque élément du décor, prncipalement l'action se passant sur un bateau, ce n'est pas facile de varier les angles de prises de vues. Sylva Koscina est ravissante dans le rôle de la riche héritière du bateau même si elle fut imposée à Sautet qui voulait Léa Massari pour le rôle, il se rattrapera dès le film suivant. Ce genre de cinéma d'un autre temps qui ne sacrifie pas la psychologie à l'action pour l'action fait du bien et repose de bien des blockbusters actuels au rythme survitaminé, faisant dans la surenchère à tous les niveaux.
Autres critiques"Après
Classe tous risques, un bon film noir à l'américaine, Claude Sautet resta trois ans sans tourner. Dans ce film (un navigateur, une riche héritière et des trafiquands d'armes), il cherche à allier le sens de l'action au conflit psychologique : le jeu des regards et des silences, la vérité humaine des personnages rappellent le cinéma de Jacques Becker."
Jacques Siclier -
TéléramaVIDEOSPour voir un reportage sur le tournage,
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