RESUMEAbel Davos, avant de partir pour la France avec sa femme et ses deux enfants, tente en Italie, en compagnie de son ami Raymond, un dernier hold-up. Le coup réussit. Le petit groupe, après quelques péripéties, gagne la France par mer, clandestinement. Mais ils sont surpris par des douaniers. Abel réussit à s enfuir aves ses deux fils. Sa femme et Raymond sont tués. Signalés, traqués, Abel et les deux garçons se terrent dans un hôtel de Nice. Il fait alors appel à ses amis de Paris. Il n'a, jadis, rendu que des services et il est en droit, aujourd'hui, d'attendre leur reconnaissance. Ce sera cependant un inconnu, Eric Stark, qui viendra le chercher au volant d'une ambulance car ses anciens amis n'ont pas voulu courir de risques. Une solide amitié lie bientôt Abel et Eric. A Paris, Abel se détourne de la pègre. Eric le cache dans une chambre de bonne. Ayant placé ses enfants chez un vieil ami de son père qui veillera à leur éducation, il vit avec le souvenir de sa femme morte. Il se sent de « trop », refuse de reprendre un genre de vie qui ne lui a apporté que remords et conseille à Eric de vivre honnêtement. Mais la pègre, autour de lui, veille. Ses anciens amis échafaudent une machination pour se débarrasser de lui par crainte qu'il se venge de ne pas l'avoir aidé. Abel supprime deux traîtres. Un peu plus tard, Eric est blessé et arrêté en lui évitant d'être surpris par la police. Au fond d'une cachette sordide, Abel, écrasé de dégoût fait le bilan de sa vie. Il renonce une dernière fois à la violence et, peu après, se laissera arrêter et sera condamné à mort.
© Les fiches du cinéma 2001FICHE TECHNIQUERéalisateur : Claude Sautet
Scénario : José Giovanni, Pascal Jardin, Claude Sautet
Auteur de l'oeuvre originale José Giovanni
Dialogues : José Giovanni
Sociétés de production : Filmsonor, Mondex Films, Les Films Odéon, Zebra Film (Rome)
Directeur de la photographie : Ghislain Cloquet
Ingénieur du son : Jacques Lebreton
Compositeur de la musique : Georges Delerue
Assistant-réalisateur : Jean Lefèvre
Monteur : Albert Jurgenson
Tournage : du 07 octobre 1959 au 08 décembre 1959
Lieux de tournage : France : Nice, Alpes-Maritimes /France : Paris /Italie : Milan
Genre : Policier
Durée : 1h50
Sortie France : 10 Avril 1960
DISTRIBUTIONLino Ventura(Abel Davos)
Jean-Paul Belmondo (Eric Starck)
Sandra Milo (Liliane)
Jacques Dacqmine (Le commissaire Blot)
Marcel Dalio (Gibelin)
Bernard Dhéran (Blastone)
Claude Cerval (Fargier)
Michel Ardan (Riton)
René Génin (Chapuis)
Charles Blavette (Bénazet)
Max Amyl France Asselin (Denise)
Jean Combal Lucien Desagneaux (un joueur de billard)
Robert Desnoux (Pierrot)
Simone France (Thérèse Davos)
Corrado Guarducci (Ferucci)
Guy Henry (un inspecteur)
Evelyne Ker (fille de Gibelin)
Stan Kroll (Raymond Naldi)
Thierry Lavoye (Daniel)
Sylvain Levignac (directeur d'agence)
Aimé de March (Jean Martin)
Michèle Méritz (Sophie Fargier)
Jeanne Pérez (Jacqueline Chapuis)
Betty Schneider (la bonne du docteur)
Jean-Pierre Zola (Bacérès)
AUTOUR DU FILMCLASSE TOUS RISQUES est le premier vrai film de Claude Sautet. Celui-ci avait remarqué Lino Ventura quelques années auparavant dans TOUCHEZ PAS AU GRISBI de Jacques Becker, où il avait un petit rôle. Il fit sa connaissance en écrivant pour lui, ensuite, le scénario du FAUVE EST LÂCHÉ et c'est Ventura qui lui donna à lire le roman de José Giovanni et lui proposa de le tourner. Quant à Jean-Paul Belmondo, il n'était pas encore une vedette.
Sautet eut des difficultés à terminer son film. Les producteurs, à cause de la censure, ne voulaient pas de la fin du livre, que Sautet aimait beaucoup. Il ne voulait pas non plus que son personnage se rende à la police. Le tournage ne fut pas terminé. Deux mois après, il eut l'idée du dernier plan : Abel marche dans la foule, pendant qu'une voix off conclut : "Quelques jours plus tard, Abel Davos fut arrêté, condamné et exécuté."
CRITIQUESMon avisPremier film de Claude Sautet et déjà une très grande réussite dans le genre du film policier français. Le film n' a pas pris une ride et on apprécie toujours autant la confrontation émouvante Lino Ventura / Jean-Paul Belmondo, la sobriété et l'efficacité de la mise en scène avec une belle utilisation de la voix off, notamment au début et à la fin, des extérieurs bien mis en valeurs, un montage sans temps mort ni plan superflu. Lino apporte toute sa puissance et sa justesse dans le rôle du gangster Abel Davos, bête traquée au bout du rouleau, qui a tout perdu, ses amis, sa femme tuée lors de l'arrivée clandestine en France, ses enfants confiés à un ami de son père. C'est un personnage très émouvant car condammé dès le début, il se retrouve vraiment tout seul et choisit de se laisser arrêter, n'éprouvant qu'amertume et dégoût pour la vie qu'il mène faite de violence, de braquage, de fuite perpétuelle. Il n' a tout bonnement plus aucune force pour continuer à vivre. La mise en scène est admirable dont chaque scène a son importance, à l'image de celle où Abel Davos joue avec la lumière de sa petite lampe de chevet en l'éteigant et la rallumant, signe de son extrême solitude et détresse.
Autres critiques"On n'est pas dans le Sautet des années 70, peintre psychologue des quadragénaires fatigués. Son premier vrai film (oublions
Bonjour sourire) reflète l'admiration qu'il conservera toujours pour le polar américain. Son héros (Lino Ventura), gangster traqué par la police, est las, déjà, des choses de la vie. Il cherche de l'aide -un geste d'amitié lui suffirait-, mais ne recueille que reproches ou indifférence. Sautet mène son film avec une rapidité sèche, dénuée de sensiblerie, dans une atmosphère pluvieuse et sombre. La solitude de Ventura évoque bien des personnages du cinéaste. Les tout derniers, notamment : le Michel Serrault de
Nelly et M. Arnaud. Ou Daniel Auteuil, ce
Coeur en hiver."
Roman Chestak -
Télérama"Très inspiré par le cinéma noir américain, Sautet, pour son premier film assumé, réalise une oeuvre nette, directe, au rythme soutenu, avec deux truands mythiques : Davos, le vieux routier, et Stark, le jeune voyou. Deux acteurs superbes dans un film classique, mais nerveux."
Claude Bouniq-Mercier -
Guide des films Jean Tulard"Belle imitation de polar à l'américaine, le premier long métrage signé Sautet doit beaucoup à la patte du scénariste-cinéaste José Giovanni («Les Aventuriers»): au fil d'une intrigue sans bavure, il offre à l'impeccable tandem Belmondo-Ventura l'un de ces face-à-face de fortes têtes qui ont fait leur légende et celle de leurs films."
Laurence Tournier -
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© Sunset Boulevard/Corbis
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